Boule de suif, de Guy de Maupassant

Guide de lecture : le texte partie par partie, les passages à connaître et cinq questions pour vérifier qu’on a lu.

Auteur
Guy de Maupassant (1850-1893)
Publication
1880
Genre
nouvelle
Longueur
14 139 mots, environ 1 h de lecture
Niveau
4e

Fiche écrite par Octave, l’assistant IA de READ FRANCE, à partir du texte de l’édition suivie, publiée le 17/10/2026. Aucun professeur ne l’a encore relue : signalez une erreur à octave@vread.fr.

Collège. Le programme de cycle 4 (BOEN n° 31 du 30 juillet 2020), qui s’applique encore en 4e en 2026-2027, prévoit dans l’entrée « La fiction pour interroger le réel » l’étude d’un roman ou de nouvelles réalistes ou naturalistes en lecture intégrale. Le nouveau programme de cycle 4 (arrêté du 18 février 2026, BO n° 10 du 5 mars 2026) entre en vigueur en 4e à la rentrée 2027. Aucun de ces textes n’impose une œuvre précise.

Textes officiels consultés le 17/10/2026 : Programmes des cycles 2, 3 et 4, version du BOEN n° 31 du 30 juillet 2020 ; Programme de français du cycle 4, arrêté du 18 février 2026 (BO n° 10 du 5 mars 2026).

Boule de suif est une nouvelle de Guy de Maupassant, parue en 1880 à Paris, chez Charpentier, dans Les Soirées de Médan, un recueil de six récits signés Émile Zola, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Henry Céard, Léon Hennique et Paul Alexis. L’action se passe pendant l’hiver de l’occupation de Rouen par les Prussiens : dix voyageurs quittent la ville en diligence pour gagner Dieppe, d’où ils veulent rejoindre Le Havre, et sont retenus plusieurs jours dans une auberge de Tôtes par un officier allemand. Parmi eux voyage une fille galante surnommée Boule de suif, qui partage ses provisions avec tous avant que ses compagnons ne la poussent à céder à l’officier. Le texte compte environ 14 000 mots et n’a pas de chapitres.

En 4e, la nouvelle se lit comme un récit réaliste qui interroge la société de son temps. Observez comment le narrateur présente les voyageurs par groupes (commerçants, industriel, nobles, religieuses, un démocrate et une prostituée) et comment il commente leurs gestes avec ironie. Comparez surtout les deux repas pris dans la voiture, à l’aller et au retour : ils encadrent le récit et montrent ce que les voyageurs doivent à Boule de suif, puis ce qu’ils lui refusent.

Avant de lire

  • La nouvelle compte environ 14 000 mots ; comptez une heure et demie à deux heures. Le début, consacré à Rouen occupé, est descriptif : l’action commence vraiment avec le départ de la diligence.
  • Faites un tableau des dix voyageurs avec leur métier, leur rang et leurs opinions politiques : le narrateur les présente en détail au départ, puis leurs noms reviennent sans explication.
  • L’officier parle avec un accent allemand que l’orthographe imite (« Foulez-fous tescentre »). Lisez ses répliques à voix haute pour les comprendre.
  • Pendant les jours passés à Tôtes, notez comment les voyageurs nomment Boule de suif (« madame », puis « mademoiselle », « cette fille », « cette garce-là ») : ces mots changent à mesure que le groupe se retourne contre elle.

Les personnages

Boule de suif
fille galante de Rouen, surnommée ainsi pour son embonpoint ; bonapartiste, elle a voulu étrangler un Prussien venu loger chez elle.
Cornudet
démocrate à grande barbe rousse qui attend la République et s’était cru nommé préfet au 4 septembre ; il reste à l’écart quand les autres voyageurs font pression sur Boule de suif.
M. et Mme Loiseau
marchands de vins en gros de la rue Grand-Pont, à Rouen ; lui est farceur et réputé fripon, elle est dure et regardante.
M. et Mme Carré-Lamadon
lui possède trois filatures et siège au Conseil général ; elle, beaucoup plus jeune, est jolie et coquette.
Le comte et la comtesse Hubert de Bréville
d’une des plus anciennes familles nobles de Normandie ; le comte parle au nom du groupe devant l’officier et auprès de Boule de suif.
Les deux bonnes sœurs
religieuses attendues au Havre pour soigner des soldats malades de la petite vérole ; la plus âgée prend part à la conversation qui pousse Boule de suif à céder.
L’officier prussien
grand jeune homme mince et blond, logé à l’auberge de Tôtes, qui retient les voyageurs tant que Boule de suif lui résiste.
M. et Mme Follenvie
les aubergistes de l’Hôtel du Commerce, à Tôtes ; le mari, asthmatique, transmet les messages de l’officier.

Le texte partie par partie

Ces résumés servent à se repérer pendant la lecture ou à retrouver un passage. Ils ne remplacent pas le texte : les questions plus bas portent sur des détails qu’ils ne donnent pas.

Partie 1 (§ 1 à 21) 1 383 mots

Les débris de l’armée française en déroute traversent Rouen ; les derniers soldats quittent la ville, et les Prussiens y entrent. Après la première peur, les habitants s’habituent à loger soldats et officiers, tout en payant les fortes sommes que l’occupant exige ; dans le fleuve, on repêche parfois le cadavre d’un Allemand tué en secret. Quelques commerçants, qui ont des intérêts au Havre, encore tenu par l’armée française, obtiennent du général allemand l’autorisation de partir par Dieppe. Une diligence est retenue pour dix voyageurs, avec un départ fixé au mardi matin avant le jour.

Partie 2 (§ 22 à 55) 1 980 mots

Après une nuit de neige, les voyageurs se retrouvent à quatre heures et demie dans la cour de l’Hôtel de Normandie, et la diligence part, tirée par six chevaux. Au jour, ils s’observent : le marchand de vins Loiseau et sa femme, l’industriel Carré-Lamadon et sa jeune épouse, le comte et la comtesse de Bréville, deux religieuses, le démocrate Cornudet et une fille galante connue sous le surnom de Boule de suif. Les trois épouses s’unissent aussitôt contre elle et chuchotent des insultes. Les trois maris, eux, parlent de leur argent et de ce que la guerre leur coûte ou leur rapporte.

Partie 3 (§ 56 à 80) 2 183 mots

La voiture avance si lentement dans la neige qu’on ne peut atteindre Tôtes pour déjeuner, et les fermes de la route n’ont rien à vendre. Vers trois heures, Boule de suif tire de sous la banquette un grand panier de provisions ; Loiseau accepte le premier de partager, puis les religieuses et Cornudet, et enfin, après un évanouissement de Mme Carré-Lamadon, les autres voyageurs. Pendant le repas, on la félicite d’avoir voulu étrangler un Prussien chez elle, mais elle se fâche quand Cornudet insulte l’empereur, car elle est bonapartiste. À la nuit, la comtesse lui prête sa chaufferette.

Partie 4 (§ 81 à 132) 2 016 mots

Le soir, la diligence s’arrête à Tôtes devant l’Hôtel du Commerce, où un officier allemand examine l’autorisation de départ des voyageurs. Avant le souper, l’aubergiste, M. Follenvie, vient chercher Boule de suif de la part de l’officier ; elle refuse, puis cède aux prières de ses compagnons et revient furieuse, sans rien vouloir dire. Pendant le repas, Mme Follenvie dit sa haine de la guerre. La nuit, Loiseau, posté derrière sa porte, voit Boule de suif repousser Cornudet parce qu’il y a des Prussiens dans la maison.

Partie 5 (§ 133 à 189) 2 458 mots

Le lendemain matin, la voiture n’est pas attelée : le cocher a reçu, par l’aubergiste, l’ordre de l’officier de ne pas atteler. Reçus vers une heure, le comte, Carré-Lamadon et Loiseau n’obtiennent qu’un refus sans explication. Le soir, l’aubergiste demande à Boule de suif, au nom de l’officier, si elle a changé d’avis ; elle révèle alors que le Prussien veut coucher avec elle, et tous partagent d’abord son indignation. Dès le jour suivant, pourtant, on lui en veut de les retenir, et pendant une promenade Loiseau se demande combien de temps elle va les garder là.

Partie 6 (§ 190 à 250) 2 901 mots

Le jour suivant, pendant que Boule de suif assiste à un baptême à l’église, ses compagnons apprennent que l’officier ne laissera partir personne sans elle, et décident de la convaincre de céder. Au déjeuner, ils citent des femmes de l’histoire qui se sont sacrifiées ; au dîner, la vieille religieuse affirme qu’une intention pure rend une action méritoire. Le lendemain, pendant une promenade, le comte la prend à part pour la persuader. Le soir, elle ne descend pas dîner, l’aubergiste fait comprendre au comte qu’elle a cédé, et les voyageurs fêtent leur délivrance au champagne ; seul Cornudet leur reproche une infamie avant de quitter la salle.

Partie 7 (§ 251 à 280) 1 218 mots

Le lendemain matin, la diligence est enfin attelée. Boule de suif arrive la dernière : tous se détournent d’elle, et Mme Carré-Lamadon répond à peine à son bonjour. En route, chacun sort les provisions qu’il a fait préparer, mais Boule de suif, partie à la hâte, n’a rien emporté, et personne ne lui offre à manger. Elle se met à pleurer en silence, tandis que Cornudet siffle la Marseillaise jusqu’à Dieppe.

Les passages clés

L’argent des vaincus Partie 1 (§ 1 à 21)

« Les vainqueurs exigeaient de l’argent, beaucoup d’argent. Les habitants payaient toujours ; ils étaient riches d’ailleurs. Mais plus un négociant normand devient opulent et plus il souffre de tout sacrifice, de toute parcelle de sa fortune qu’il voit passer aux mains d’un autre. »

Le narrateur généralise : sous l’occupation, ce qui fait souffrir le négociant normand, c’est d’abord de payer. La remarque prépare le portrait des voyageurs, qui parleront d’argent dès les premières heures du voyage.

Les honnêtes gens Partie 2 (§ 22 à 55)

« Ces six personnes formaient le fond de la voiture, le côté de la société rentée, sereine et forte, des honnêtes gens autorisés qui ont de la Religion et des Principes. »

Cette phrase clôt le portrait des trois couples installés au fond de la voiture. Les majuscules de « Religion » et de « Principes » sont ironiques : la suite montre ce que valent ces principes quand il faut choisir entre Boule de suif et le départ.

Le panier vidé Partie 3 (§ 56 à 80)

« Le premier pas seul coûtait. Une fois le Rubicon passé on s’en donna carrément. Le panier fut vidé. »

Les voyageurs qui méprisaient Boule de suif finissent par manger toutes ses provisions. L’expression « le Rubicon passé », empruntée à l’histoire de César, donne l’allure d’une grande décision à un simple repas : un exemple de l’ironie du narrateur, utile pour un commentaire.

Les mystères du corridor Partie 4 (§ 81 à 132)

« Cette pudeur patriotique de catin qui ne se laissait point caresser près de l’ennemi, dut réveiller en son cœur sa dignité défaillante, car, après l’avoir seulement embrassée, il regagna sa porte à pas de loup. »

Loiseau, l’œil à la serrure, assiste à la scène. Le narrateur rapproche deux mots qui jurent ensemble, « pudeur patriotique » et « catin » : la fille méprisée par les voyageurs est la seule à refuser tout contact avec l’ennemi, ce qui rend la suite plus amère.

Le sacrifice des femmes Partie 6 (§ 190 à 250)

« On aurait pu croire, à la fin, que le seul rôle de la femme, ici-bas, était un perpétuel sacrifice de sa personne, un abandon continu aux caprices des soldatesques. »

Au déjeuner, les voyageurs ont accumulé les exemples de femmes qui se sont sacrifiées pour vaincre un ennemi. Le narrateur résume avec ironie le but de cette conversation : faire passer pour un devoir ce que le groupe attend de Boule de suif.

Sacrifiée puis rejetée Partie 7 (§ 251 à 280)

« Elle se sentait noyée dans le mépris de ces gredins honnêtes qui l’avaient sacrifiée d’abord, rejetée ensuite, comme une chose malpropre et inutile. »

Sur le chemin du retour, Boule de suif regarde manger ceux qui ont vidé son panier à l’aller. L’oxymore « gredins honnêtes » donne le jugement du narrateur sur ces bourgeois respectables, et les deux participes « sacrifiée » puis « rejetée » résument toute la nouvelle.

Cinq questions pour vérifier sa lecture

Chaque réponse tient en un mot, et ce mot est dans le texte. C’est le format des points de contrôle de l’application Vread : une question précise sur un passage, que l’on réussit en ayant lu ce passage.

  1. Partie 2 (§ 22 à 55)

    Quel auteur de fables et de chansons a lancé, un soir à la préfecture, le jeu de mots qui se moque de Loiseau ?

    La réponse et son passage

    Tournel

    « Sa réputation de filou était si bien établie, qu’un soir, à la préfecture, M. Tournel, auteur de fables et de chansons, esprit mordant et fin, une gloire locale, ayant proposé aux dames qu’il voyait un peu somnolentes de faire une partie de « Loiseau vole », le mot lui-même vola à travers les salons du préfet, puis, gagnant ceux de la ville, avait fait rire pendant un mois toutes les mâchoires de la province. »

  2. Partie 3 (§ 56 à 80)

    Comment appelle-t-on en Normandie les petits pains que Boule de suif mange avec son aile de poulet ?

    La réponse et son passage

    Régence

    « Elle prit une aile de poulet et, délicatement, se mit à la manger avec un de ces petits pains qu’on appelle « Régence » en Normandie. »

  3. Partie 4 (§ 81 à 132)

    Quelle coiffure de nuit Loiseau met-il avant de réveiller sa femme d’un baiser ?

    La réponse et son passage

    madras

    « Loiseau, très allumé, quitta la serrure, battit un entrechat dans sa chambre, mit son madras, souleva le drap sous lequel gisait la dure carcasse de sa compagne qu’il réveilla d’un baiser en murmurant : — « M’aimes-tu, chérie ? » »

  4. Partie 6 (§ 190 à 250)

    Dans quelle ville est élevé, chez des paysans, l’enfant de Boule de suif ?

    La réponse et son passage

    Yvetot

    « La grosse fille avait un enfant élevé chez des paysans d’Yvetot. »

  5. Partie 7 (§ 251 à 280)

    À quel jeu de cartes Loiseau joue-t-il avec sa femme pendant le voyage de retour ?

    La réponse et son passage

    bésigue

    « Loiseau, qui avait chipé le vieux jeu de cartes de l’auberge engraissé par cinq ans de frottement sur les tables mal essuyées, attaqua un bésigue avec sa femme. »

Questions vérifiées le 17/10/2026 avec le moteur de lecture de READ FRANCE : forme de la question, réponse présente dans la partie citée, aucun doublon, et un lecteur qui n’avait que les résumés de cette page n’a trouvé aucune des cinq réponses.

Le texte et ses droits

Guy de Maupassant est mort en 1893 : le texte est dans le domaine public. Édition suivie : Wikisource, d’après Les Soirées de Médan, Charpentier, Paris, 1880 (Transcription Wikisource, CC BY-SA 4.0). Les citations reprennent cette édition ; les références (parties, dates, paragraphes) suivent son découpage.

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