Mateo Falcone, de Prosper Mérimée
Guide de lecture : le texte partie par partie, les passages à connaître et cinq questions pour vérifier qu’on a lu.
- Auteur
- Prosper Mérimée (1803-1870)
- Publication
- 1829
- Genre
- nouvelle
- Longueur
- 4 464 mots, environ 20 minutes de lecture
- Niveau
- Collège, souvent étudié en 4e
Collège. Nouvelle souvent étudiée en 4e, en lecture intégrale.
Mateo Falcone est une nouvelle de Prosper Mérimée publiée en 1829 dans la Revue de Paris, puis reprise en volume. Mérimée n’est pas encore allé en Corse quand il l’écrit : il voyagera dans l’île dix ans plus tard. Le narrateur se présente pourtant comme un voyageur qui a connu Mateo, et il explique au lecteur les mœurs corses (le maquis, la parenté, l’honneur), parfois dans des notes que ce guide reproduit en fin de partie. Le récit est très bref, une quinzaine de pages dans l’édition de 1845, et se lit en moins d’une heure. Sa fin, d’une grande violence, tient en quelques lignes.
Le découpage proposé en quatre parties suit les étapes de l’action : la présentation, l’arrivée du bandit, la trahison, le retour du père. En lisant, regardez comment Mérimée raconte sans juger : le narrateur rapporte les faits et les paroles, mais ne dit presque jamais ce que pensent les personnages. Le lecteur doit déduire lui-même ce que représentent pour Mateo l’hospitalité, l’honneur du nom et la trahison.
Avant de lire
- La nouvelle se lit d’une traite, en moins d’une heure. Relisez ensuite la troisième partie lentement : tout se joue dans les gestes de Fortunato et de l’adjudant.
- Les notes de Mérimée, placées à la fin de chaque partie dans ce guide, expliquent des mots corses comme carchera ou caporale : lisez-les, elles font partie du texte.
- L’édition de 1845 écrit « mâquis » avec un accent circonflexe : c’est le mot maquis.
- Notez ce que chaque personnage dit de l’honneur et de la famille : ces répliques éclairent la décision finale de Mateo sans l’expliquer.
Les personnages
- Mateo Falcone
- propriétaire de troupeaux, tireur redouté, père de Fortunato
- Fortunato
- fils de Mateo, dix ans, qui cache puis livre le bandit
- Giuseppa
- femme de Mateo, mère de Fortunato
- Gianetto Sanpiero
- bandit blessé, poursuivi par les voltigeurs
- Tiodoro Gamba
- adjudant des voltigeurs, parent éloigné des Falcone
Le texte partie par partie
Ces résumés servent à se repérer pendant la lecture ou à retrouver un passage. Ils ne remplacent pas le texte : les questions plus bas portent sur des détails qu’ils ne donnent pas.
Partie 1 (§ 1 à 5) 772 mots
Le narrateur décrit le maquis de Porto-Vecchio, en Corse, un taillis épais où se réfugient les bergers et les hommes recherchés par la justice. Il présente Mateo Falcone, qui vit près de ce maquis du produit de ses troupeaux : un homme riche pour le pays, tireur d’une adresse célèbre, réputé bon ami et dangereux ennemi. On lui attribue un coup de fusil tiré autrefois sur un rival. Sa femme Giuseppa lui a donné trois filles, bien mariées, puis un fils de dix ans, Fortunato, l’héritier du nom. Un jour d’automne, Mateo et sa femme partent visiter un troupeau et laissent l’enfant seul pour garder la maison.
Partie 2 (§ 6 à 26) 664 mots
Seul devant la maison, Fortunato entend des coups de feu et voit arriver un bandit blessé à la cuisse, Gianetto Sanpiero, poursuivi par des voltigeurs. Gianetto lui demande de le cacher, puis le menace. L’enfant, très calme, refuse tant que son père n’est pas revenu, jusqu’à ce que le bandit lui donne une pièce de cinq francs. Fortunato le cache alors dans un tas de foin, maquille la cachette et efface les traces de sang sur le sentier, puis se recouche au soleil.
Partie 3 (§ 27 à 75) 1 488 mots
Les voltigeurs arrivent, menés par l’adjudant Tiodoro Gamba, un parent éloigné des Falcone. Fortunato se moque de lui, fait l’ignorant et répète que son père est Mateo Falcone ; les soldats fouillent la maison sans rien trouver, et les menaces de Gamba restent sans effet. L’adjudant change de méthode et tend à l’enfant une montre d’argent en promettant de la lui donner s’il parle. Après une longue hésitation, Fortunato prend la montre et désigne du pouce le tas de foin. Gianetto, découvert et ligoté, lance une injure à l’enfant, qui lui rend sa pièce ; l’adjudant annonce qu’on portera le blessé sur une litière.
Partie 4 (§ 76 à 129) 1 540 mots
Mateo et Giuseppa reviennent du maquis ; voyant des soldats, Mateo s’avance avec prudence, le fusil prêt. Gamba vient lui annoncer la capture de Gianetto et dit que Fortunato l’a aidé, ce qui consterne Mateo. Le prisonnier traite la maison de maison de traître et refuse le lait que l’enfant lui apporte. Après le départ des soldats, Mateo brise la montre et demande à sa femme si l’enfant est bien de lui. Il emmène Fortunato dans un ravin, lui fait dire ses prières et le tue d’un coup de fusil. Il annonce à Giuseppa qu’il a fait justice et fait appeler un de ses gendres pour qu’il vienne vivre avec eux.
Les passages clés
Le maquis, refuge des hors-la-loi Partie 1 (§ 1 à 5)
« Si vous avez tué un homme, allez dans le mâquis de Porto-Vecchio, et vous y vivrez en sûreté, avec un bon fusil, de la poudre et des balles »
Le narrateur s’adresse directement au lecteur, sur un ton presque ironique, comme dans un guide de voyage. Ce conseil inattendu installe un monde où la justice officielle compte moins que les règles du pays.
L’appel au nom du père Partie 2 (§ 6 à 26)
« — Tu n’es pas le fils de Mateo Falcone ! Me laisseras-tu donc arrêter devant ta maison ? »
Gianetto touche l’enfant en invoquant le nom de son père et le devoir d’hospitalité. La réplique annonce l’enjeu de toute la nouvelle : être digne du nom de Falcone.
La tentation Partie 3 (§ 27 à 75)
« Celui-ci montrait bien sur sa figure le combat que se livraient en son âme la convoitise et le respect dû à l’hospitalité. »
C’est l’un des rares moments où le narrateur décrit un conflit intérieur, et il le fait par le visage et le corps de l’enfant. La montre qui brille au soleil fait durer la tentation.
Le geste de la trahison Partie 3 (§ 27 à 75)
« Fortunato éleva aussi sa main gauche, et indiqua du pouce, par-dessus son épaule, le tas de foin auquel il était adossé. »
La trahison se fait sans un mot, par un simple geste du pouce. Le récit, très précis, suit les deux mains de l’enfant : la droite prend la montre, la gauche livre le bandit.
La malédiction du prisonnier Partie 4 (§ 76 à 129)
« Quand il vit Mateo en la compagnie de Gamba, il sourit d’un sourire étrange ; puis, se tournant vers la porte de la maison, il cracha sur le seuil en disant : « Maison d’un traître ! » »
Le bandit, ligoté, accuse toute la famille. Pour Mateo, l’insulte vise l’honneur du nom ; le narrateur précise aussitôt qu’un tel mot, adressé à Falcone, aurait dû se payer d’un coup de stylet.
Le dénouement Partie 4 (§ 76 à 129)
« Il parlait encore ; Mateo avait armé son fusil et le couchait en joue en lui disant : Que Dieu te pardonne ! »
La fin tient en quelques phrases courtes, sans commentaire du narrateur. Cette sécheresse rend la scène plus brutale et laisse au lecteur le soin de juger l’acte de Mateo.
Cinq questions pour vérifier sa lecture
Chaque réponse tient en un mot, et ce mot est dans le texte. C’est le format des points de contrôle de l’application Vread : une question précise sur un passage, que l’on réussit en ayant lu ce passage.
Partie 1 (§ 1 à 5)
Dans quelle ville Mateo Falcone avait-il pris femme, selon ce qu’on raconte de lui ?
La réponse et son passage
Corte
« Mais on contait de lui qu’à Corte, où il avait pris femme, il s’était débarrassé fort vigoureusement d’un rival »
Partie 2 (§ 6 à 26)
Quel animal Fortunato installe-t-il avec ses petits sur le tas de foin pour tromper les soldats ?
La réponse et son passage
chatte
« Il alla prendre une chatte et ses petits, et les établit sur le tas de foin pour faire croire qu’il n’avait pas été remué depuis peu. »
Partie 3 (§ 27 à 75)
Comment s’appelle le cheval du curé dont parle Fortunato pour gagner du temps ?
La réponse et son passage
Piero
« Ce matin, M. le curé est passé devant notre porte, sur son cheval Piero. Il m’a demandé »
Partie 4 (§ 76 à 129)
Quel est le nom du caporal à qui Gianetto a cassé le bras pendant sa fuite ?
La réponse et son passage
Chardon
« il a cassé le bras au caporal Chardon ; mais il n’y a pas grand mal, ce n’était qu’un Français… »
Partie 4 (§ 76 à 129)
Quel est le nom de famille du gendre que Mateo fait venir vivre chez lui à la fin ?
La réponse et son passage
Bianchi
« Que l’on dise à mon gendre Tiodoro Bianchi qu’il vienne demeurer avec nous. »
Questions vérifiées le 16/10/2026 avec le moteur de lecture de READ FRANCE : forme de la question, réponse présente dans la partie citée, aucun doublon, et un lecteur qui n’avait que les résumés de cette page n’a trouvé aucune des cinq réponses.
Le texte et ses droits
Prosper Mérimée est mort en 1870 : le texte est dans le domaine public. Édition suivie : Wikisource, d’après Colomba et autres contes et nouvelles, Charpentier, 1845 (Transcription Wikisource, CC BY-SA 4.0). Les citations reprennent cette édition ; les références (parties, dates, paragraphes) suivent son découpage.
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