Au Bonheur des Dames, de Émile Zola

Guide de lecture : le texte chapitre par chapitre, les passages à connaître et cinq questions pour vérifier qu’on a lu.

Auteur
Émile Zola (1840-1902)
Publication
1883
Genre
roman
Longueur
152 883 mots, environ 11 h de lecture
Niveau
4e

Fiche écrite par Octave, l’assistant IA de READ FRANCE, à partir du texte de l’édition suivie, publiée le 17/10/2026. Aucun professeur ne l’a encore relue : signalez une erreur à octave@vread.fr.

Collège. Le programme de cycle 4 (BOEN n° 31 du 30 juillet 2020), qui s’applique encore en 4e en 2026-2027, prévoit dans l’entrée « La fiction pour interroger le réel » l’étude d’un roman ou de nouvelles réalistes ou naturalistes en lecture intégrale, et propose en 4e le questionnement complémentaire « La ville, lieu de tous les possibles ? ». Le nouveau programme de cycle 4 (arrêté du 18 février 2026, BO n° 10 du 5 mars 2026) entre en vigueur en 4e à la rentrée 2027. Aucun de ces textes n’impose une œuvre précise.

Textes officiels consultés le 17/10/2026 : Programmes des cycles 2, 3 et 4, version du BOEN n° 31 du 30 juillet 2020 ; Programme de français du cycle 4, arrêté du 18 février 2026 (BO n° 10 du 5 mars 2026).

Au Bonheur des Dames est le onzième roman des Rougon-Macquart, la série dans laquelle Émile Zola raconte l’histoire d’une famille sous le Second Empire. Il paraît en volume chez Charpentier en 1883. Il fait suite à Pot-Bouille : Octave Mouret, devenu veuf et seul propriétaire du magasin de nouveautés de la place Gaillon, en fait un grand magasin qui ne cesse de s’étendre. Le récit suit Denise Baudu, une jeune Normande de vingt ans arrivée de Valognes avec ses deux frères, depuis le matin où elle découvre les vitrines jusqu’à la demande en mariage du patron. Le roman compte environ 153 000 mots, en quatorze chapitres.

En 4e, le livre se prête à l’étude d’un roman réaliste ou naturaliste et à la question de la ville comme lieu des possibles. En lisant, suivez deux histoires en même temps : l’ascension de Denise, qui passe de vendeuse au pair à première de rayon, et la ruine des boutiques voisines (le Vieil Elbeuf de l’oncle Baudu, les parapluies de Bourras, les soieries de Robineau). Relevez aussi les chiffres que le narrateur donne à chaque grande vente, recettes, employés, rayons, ainsi que les images qui reviennent pour dire le magasin : la machine, le monstre, la cathédrale. Paris lui-même change sous vos yeux, avec le percement de la rue du Dix-Décembre, le chantier de nuit éclairé à l’électricité et la nouvelle façade.

Avant de lire

  • Les chapitres sont longs, de 8 000 à près de 16 000 mots ; le dernier est le plus long. À un chapitre par jour, comptez deux semaines.
  • Les descriptions des étalages (chapitres I, IV, IX et XIV) énumèrent des dizaines d’étoffes : ne cherchez pas chaque mot, retenez les couleurs et le mouvement. Quelques termes reviennent souvent : les nouveautés (tissus et articles de mode), les confections (vêtements tout faits), la première et la seconde (cheffe et adjointe d’un rayon), entrer au pair (sans salaire fixe), la guelte (la commission sur les ventes), la morte-saison.
  • Notez au fil de la lecture la recette annoncée le soir de chaque grande vente, et le nombre d’employés : ces chiffres mesurent la croissance du magasin d’un chapitre à l’autre.
  • Le personnel est nombreux : dressez une petite liste par rayon (confections, soie, lingerie) dès les chapitres II et IV, avec le rang de chacun. Les rivalités entre vendeurs expliquent une bonne partie de l’intrigue.

Les personnages

Denise Baudu
orpheline de vingt ans venue de Valognes, vendeuse au rayon des confections, qui élève ses deux frères.
Octave Mouret
le patron du Bonheur des Dames, veuf de madame Hédouin, qui agrandit sans cesse son magasin et tombe amoureux de Denise.
Jean et Pépé
les frères de Denise : Jean, apprenti chez un ivoirier, beau garçon toujours à court d’argent ; Pépé, le petit, silencieux et câlin.
Baudu
l’oncle de Denise, drapier au Vieil Elbeuf, ennemi juré du Bonheur des Dames.
Madame Baudu et Geneviève
la femme et la fille de Baudu ; Geneviève, fiancée depuis des années au commis Colomban.
Colomban
premier commis du Vieil Elbeuf, qui délaisse Geneviève pour la vendeuse Clara.
Bourras
vieux marchand de cannes et de parapluies, qui refuse de vendre sa boutique serrée contre le grand magasin.
Robineau
second au rayon de la soie, qui s’établit à son compte et se ruine dans la guerre des prix.
Bourdoncle
l’un des six intéressés qui aident Mouret à diriger le magasin, chargé de la surveillance générale, hostile à Denise.
Madame Aurélie
première des confections, femme du caissier Lhomme et mère d’Albert, employé à une caisse.
Hutin et Favier
vendeurs de la soie, ambitieux et rivaux de leurs supérieurs.
Henri Deloche
jeune commis timide, originaire du même coin de Normandie que Denise, qui l’aime en silence.
Pauline Cugnot
vendeuse à la lingerie, première amie de Denise au magasin.
Clara Prunaire
vendeuse aux confections, rivale de Denise.
Henriette Desforges
riche veuve, maîtresse de Mouret, qui tient salon et devient jalouse de Denise.
Le baron Hartmann
directeur du Crédit Immobilier, à qui Mouret demande de financer ses agrandissements.
Paul de Vallagnosc
ancien camarade de collège de Mouret, petit employé désabusé.
Madame Marty, madame de Boves, madame Bourdelais, madame Guibal
clientes et amies de madame Desforges, chacune avec sa manière d’acheter.
Jouve
inspecteur du magasin, ancien militaire, qui surveille vendeuses et voleuses.

Le texte chapitre par chapitre

Ces résumés servent à se repérer pendant la lecture ou à retrouver un passage. Ils ne remplacent pas le texte : les questions plus bas portent sur des détails qu’ils ne donnent pas.

Chapitre I 9 942 mots

Un matin d’octobre, Denise Baudu, vingt ans, arrive de Valognes à Paris avec ses frères Jean, seize ans, et Pépé, cinq ans, après la mort de leurs parents. Avant de trouver la boutique de leur oncle, rue de la Michodière, ils s’arrêtent, éblouis, devant les vitrines du Bonheur des Dames. L’oncle Baudu, drapier au Vieil Elbeuf, les reçoit avec embarras : les affaires vont mal, il ne peut pas embaucher sa nièce, mais il loge les enfants, et l’on décide de mettre Pépé en pension chez une vieille dame du quartier. Chez le marchand de soieries Vinçard, la place est déjà prise ; Robineau, commis du Bonheur des Dames, conseille à Denise de se présenter au rayon des confections. Le soir, la famille raconte comment Octave Mouret, devenu seul maître du magasin à la mort de sa femme, tombée sur le chantier, ruine peu à peu les petits commerces du quartier, dont celui du vieux Bourras, marchand de parapluies. Denise promet pourtant de se présenter le lendemain.

Chapitre II 10 209 mots

Le lendemain, à sept heures et demie, Denise n’ose pas entrer au Bonheur des Dames et croise un jeune homme qu’elle prend pour un chef de rayon : c’est Octave Mouret. Dans son cabinet, Mouret prépare avec Bourdoncle la grande mise en vente des nouveautés d’hiver du lundi suivant, puis il inspecte la maison, du sous-sol aux caisses ; au rayon de la soie, il fixe avec Bouthemont le prix du Paris-Bonheur à cinq francs soixante, à peine le prix d’achat. Après une longue hésitation, Denise trouve le rayon des confections, où madame Aurélie, la première, inscrit sa demande en présence de Mouret, qui apprend qu’elle est la nièce de Baudu. En sortant, elle fait la connaissance d’Henri Deloche, un jeune homme venu lui aussi demander une place.

Chapitre III 9 503 mots

Un samedi d’octobre, madame Desforges reçoit ses amies pour le thé dans son appartement de la rue de Rivoli : madame Bourdelais, madame Guibal, madame de Boves et sa fille Blanche, madame Marty. Mouret, qui est l’amant de la maîtresse de maison, y retrouve Paul de Vallagnosc, un ancien camarade de collège devenu petit employé de ministère. Il est surtout venu rencontrer le baron Hartmann, directeur du Crédit Immobilier, à qui il expose sa méthode et propose une association pour agrandir le magasin le long de la future rue du Dix-Décembre. Pendant ce temps, les dames parlent toilette, dentelles et soldes, et madame Marty sort ses achats devant son mari, professeur au lycée. À la nuit tombante, le baron accepte d’étudier l’affaire, à condition que la vente du lundi ait l’importance annoncée.

Chapitre IV 12 006 mots

Le lundi 10 octobre, jour de la grande mise en vente des nouveautés d’hiver, le Bonheur des Dames accueille ses clientes dans un salon oriental tendu de tapis anciens. Denise commence le même jour au rayon des confections ; on l’installe dans une chambre sous les combles, et elle apprend qu’elle entre au pair, sans appointements fixes. Les autres vendeuses, Clara en tête, lui prennent les clientes, et madame Aurélie la tient à l’écart. La matinée reste vide et Mouret s’inquiète, puis la foule envahit les rayons l’après-midi et le Paris-Bonheur se vend en masse ; madame Desforges et ses amies font leurs achats. Obligée de présenter un manteau sur ses épaules, Denise devient la risée du rayon, Mouret compris ; seule Pauline Cugnot, vendeuse à la lingerie, lui témoigne de l’amitié. Le soir, la recette dépasse quatre-vingt mille francs, et Denise pleure seule dans sa chambre.

Chapitre V 11 979 mots

Le lendemain, Mouret convoque Denise dans son cabinet pour lui reprocher sa coiffure et sa tenue. Pendant l’hiver, elle souffre de la fatigue, de ses gros souliers et des moqueries du rayon ; toujours au pair, elle donne à Jean l’argent qu’il réclame, et Pauline lui prête la somme qui lui manque pour la pension de Pépé. Elle découvre que Colomban, le fiancé de sa cousine Geneviève, est amoureux de Clara, puis obtient enfin trois cents francs d’appointements fixes. Un dimanche de mai, elle part pour Joinville avec Pauline et son ami Baugé, employé au Bon Marché ; elle y voit Hutin attablé avec une chanteuse et en souffre. Le soir, au bord de la Marne, Deloche lui avoue son amour, et elle ne lui offre que son amitié. Rentrée tard, elle traverse le magasin plongé dans le noir et rencontre Mouret dans l’escalier.

Chapitre VI 9 957 mots

Quand vient la morte-saison d’été, Mouret et Bourdoncle renvoient les employés en masse. Au rayon, on prête à Denise un amant et un enfant caché ; pour payer les dettes de Jean, elle coud la nuit des nœuds de cravate que Robineau lui a procurés. Le 20 juillet, après le déjeuner, l’inspecteur Jouve veut l’embrasser dans le réfectoire, et elle le repousse. L’après-midi, Jean vient au magasin lui demander quinze francs ; elle l’emmène au sous-sol, où Jouve les surprend. Denise affirme que c’est son frère, mais personne ne la croit, et Bourdoncle la fait renvoyer ; Robineau est congédié le soir même. Mouret, qui apprend ensuite que le jeune homme était bien son frère, se fâche contre Bourdoncle mais laisse faire.

Chapitre VII 9 766 mots

Mise à la porte par une chaude après-midi de juillet, Denise loue pour quinze francs par mois une chambre sous les toits chez le vieux Bourras et reprend Pépé avec elle. Elle cherche en vain une place et connaît la misère ; Bourras finit par l’employer dans sa boutique, à quarante sous par jour. Un soir de janvier, sur le conseil de Deloche, elle entre chez Robineau, qui a racheté le fonds de soieries de Vinçard ; soutenu par le fabricant Gaujean, Robineau mène contre le Paris-Bonheur une guerre des prix qui le ruine peu à peu. Pendant ce temps, le Bonheur des Dames continue de s’agrandir, et Bourras refuse de vendre. Un soir, au jardin des Tuileries, Mouret aborde Denise, s’excuse de son renvoi et lui propose de revenir ; elle refuse, mais accepte de transmettre à Bourras une offre de quatre-vingt mille francs. Le soir même, Bourras apprend que Mouret a acheté la maison dont il est locataire, et l’oncle Baudu invite Denise et Pépé à dîner pour le lendemain.

Chapitre VIII 8 595 mots

Le quartier ne parle que du percement de la rue du Dix-Décembre et des agrandissements du Bonheur des Dames, qui doit occuper tout le pâté de maisons. Denise et Pépé dînent chez les Baudu ; après le repas, Geneviève, malade et amaigrie, confie à Denise que Colomban en aime une autre. À partir de septembre, les travaux se poursuivent la nuit à la lumière électrique, et les petits commerçants voisins font faillite l’un après l’autre. En décembre, Baudu vend à perte sa maison de campagne de Rambouillet aux Lhomme et repousse d’un an le mariage de sa fille. Denise quitte Robineau pour rentrer au Bonheur avec mille francs d’appointements, et Deloche lui apprend que Clara serait la maîtresse de Mouret. Au Vieil Elbeuf, Colomban avoue à Denise qu’il aime Clara, et Geneviève l’entend ; Baudu, hors de lui, renvoie chez le concurrent une cliente qui trouve sa marchandise trop chère.

Chapitre IX 12 928 mots

Le lundi 14 mars, par un froid retour d’hiver, le Bonheur des Dames inaugure ses magasins neufs avec une grande exposition des nouveautés d’été. Denise, rentrée au magasin début février, reçoit le matin l’ordre de passer le soir au cabinet de Mouret. Toute la journée, la foule envahit les galeries : madame Marty dépense sans compter avec sa fille, madame Bourdelais promène ses trois enfants, M. de Boves retrouve madame Guibal, et madame de Boves tente de cacher sous son manteau une pièce de dentelle. Madame Desforges, jalouse, se fait servir longuement par Denise aux confections et cherche à l’humilier. Le soir, Mouret nomme Denise seconde du rayon, et la recette dépasse cinq cent quatre-vingt mille francs.

Chapitre X 11 526 mots

Le premier dimanche d’août, le magasin fermé fait son inventaire. Denise, retenue dans sa chambre par une entorse, reçoit une lettre de Mouret qui l’invite à dîner le soir même ; elle comprend qu’elle l’aime et pleure devant Pauline, qui va épouser Baugé. La nouvelle fait le tour du magasin en quelques minutes, et au réfectoire Deloche jette son verre de vin au visage de Favier, qui insulte Denise. L’après-midi, dans la salle de l’échantillonnage, Mouret lui déclare son amour et lui offre une petite fortune ; elle refuse, lui reproche la dame qu’il fréquente et dit que ses frères l’attendent chez son oncle. À six heures, l’inventaire est terminé sur un chiffre d’affaires de quatre-vingts millions, et Mouret regarde Denise s’en aller.

Chapitre XI 8 336 mots

Bouthemont, dont la place au Bonheur est menacée, arrive le premier au thé de quatre heures chez madame Desforges. Henriette a fait venir Denise sous prétexte de retoucher un manteau, pour la mettre en présence de Mouret, et la jeune fille attend debout dans l’antichambre. Mouret arrive avec Vallagnosc, et le baron Hartmann lui annonce que le Crédit Immobilier refuse encore son projet de façade sur la rue du Dix-Décembre. Pendant l’essayage, Henriette humilie Denise puis l’insulte devant Mouret, qui renvoie la jeune fille avec douceur et avoue ensuite à Henriette qu’il l’aime. De retour au salon, il apprend à Bouthemont son renvoi ; celui-ci décide d’ouvrir son propre magasin près de l’Opéra, et Henriette le recommande au baron.

Chapitre XII 12 132 mots

Le 25 septembre commencent les travaux de la nouvelle façade sur la rue du Dix-Décembre. Seconde aux confections, Denise impose désormais son autorité, même à Clara, mais Bourdoncle la fait surveiller et affirme à Mouret qu’elle a pour amants Hutin et Deloche. Jaloux, Mouret multiplie les renvois, dont celui d’Albert Lhomme, complice d’un vol organisé à sa caisse. Surprise avec Deloche près du réservoir, sous les toits, Denise doit s’expliquer devant Mouret dans son cabinet et lui avoue qu’elle aime quelqu’un. Le lendemain, elle est nommée première d’un nouveau rayon de costumes pour enfants et inspire des réformes en faveur des employés ; à l’infirmerie, elle confie à Pauline, qu’elle a protégée d’un renvoi, qu’elle aime Mouret. Les mois passent, la façade s’élève, et Mouret commence à penser au mariage.

Chapitre XIII 10 406 mots

Un matin de novembre, Denise est appelée au chevet de sa cousine Geneviève, qui dépérit depuis le départ de Colomban, tandis que le Vieil Elbeuf, sans clients et hypothéqué, achève de se ruiner. Geneviève meurt le lendemain, et son enterrement rassemble tout le petit commerce ruiné du quartier. Denise obtient de Mouret qu’il aide sa famille et Bourras quand ils seront à bout. Quelques semaines plus tard, Robineau, acculé à la faillite, se jette sous un omnibus ; il s’en sort avec une jambe cassée, mais sa faillite est déclarée. En janvier, madame Baudu meurt les yeux tournés vers le Bonheur des Dames, et Bourras, ruiné à son tour, voit démolir sa maison en refusant toute aide. Denise vient proposer à son oncle une place d’inspecteur au Bonheur, puis renonce devant sa douleur.

Chapitre XIV 15 598 mots

Un lundi de février, le Bonheur des Dames inaugure sa façade monumentale de la rue du Dix-Décembre avec une grande exposition de blanc, tandis qu’en face le Vieil Elbeuf est fermé depuis que Baudu est entré dans une maison de retraite. Près de cent mille clientes envahissent les galeries ; Denise, qui a donné sa démission et doit partir le lendemain pour Valognes, y accompagne ses deux frères. L’inspecteur Jouve surprend madame de Boves en train de voler des dentelles ; elle signe un aveu, l’affaire est étouffée, et le vendeur Deloche est renvoyé. En regardant la foule, Mouret, qui lutte depuis une semaine contre lui-même, décide d’épouser Denise ; le soir, le caissier Lhomme lui apporte une recette de plus d’un million. Dans son cabinet, il la demande en mariage : elle refuse d’abord à cause de ses frères, puis lui avoue qu’elle l’aime, et il lui propose de passer un mois à Valognes avant de venir l’y chercher.

Les passages clés

La machine du Bonheur Chapitre I

« Alors, Denise eut la sensation d’une machine, fonctionnant à haute pression, et dont le branle aurait gagné jusqu’aux étalages. »

Depuis la boutique sombre de son oncle, Denise regarde le magasin d’en face en pleine vente. L’image de la machine à haute pression, reprise dans la suite du paragraphe (engrenages, chauffe, ronflement), revient dans tout le roman pour dire la puissance du commerce nouveau. À rapprocher du Vieil Elbeuf, décrit comme une cave humide.

La cliente, cible du commerce Chapitre III

« C’était la femme que les magasins se disputaient par la concurrence, la femme qu’ils prenaient au continuel piège de leurs occasions, après l’avoir étourdie devant leurs étalages. »

Dans le salon de madame Desforges, Mouret explique sa méthode au baron Hartmann. Le narrateur résume ici le principe : le grand magasin vit de la cliente qu’il attire et qu’il tente. La répétition de « la femme » et le vocabulaire de la chasse (piège) donnent un passage utile pour un commentaire sur la séduction commerciale.

Denise défend le commerce nouveau Chapitre VII

« Les prix, au lieu d’être faits comme autrefois par une cinquantaine de maisons, sont faits aujourd’hui par quatre ou cinq, qui les ont baissés, grâce à la puissance de leurs capitaux et à la force de leur clientèle… »

Renvoyée du Bonheur et employée chez Robineau, Denise prend pourtant la défense des grands magasins devant le fabricant Gaujean. L’argument est économique : les prix baissent, et elle conclut aussitôt que le public y gagne, et Robineau, songeur, ne la contredit pas. Le roman donne ainsi la parole aux deux camps : les petits commerçants qui souffrent, et ceux qui voient dans le changement une évolution qu’on n’arrêtera pas.

La cathédrale du commerce Chapitre IX

« Partout on avait gagné de l’espace, l’air et la lumière entraient librement, le public circulait à l’aise, sous le jet hardi des fermes à longue portée. C’était la cathédrale du commerce moderne, solide et légère, faite pour un peuple de clientes. »

Le magasin agrandi, construit en fer et en verre, est inauguré le 14 mars. La comparaison avec une cathédrale fait du lieu un temple ; la clientèle y devient un « peuple ». Zola emprunte ici le vocabulaire de l’architecture de son temps (fermes, solives) : un bon point de départ pour parler de la ville moderne.

L’enterrement de Geneviève Chapitre XIII

« C’était une obsession, ce pauvre corps de jeune fille était promené autour du grand magasin, comme la première victime tombée sous les balles, en temps de révolution. »

Le convoi funèbre passe deux fois devant le Bonheur des Dames, suivi par tous les petits commerçants du quartier. La comparaison avec une victime d’émeute transforme la mort de Geneviève en événement politique ; juste après, les flanelles rouges de l’étalage claquent comme des drapeaux. Passage utile pour étudier le point de vue des vaincus.

L’exposition de blanc Chapitre XIV

« Rien que du blanc, tous les articles blancs de chaque rayon, une débauche de blanc, un astre blanc dont le rayonnement fixe aveuglait d’abord, sans qu’on pût distinguer les détails, au milieu de cette blancheur unique. »

La dernière grande vente du roman est entièrement consacrée au blanc. L’accumulation et la répétition du mot imitent l’éblouissement des clientes, comme Mouret le voulait dès le chapitre II (« les clientes devaient avoir mal aux yeux »). À comparer avec les étalages du chapitre I, vus par Denise à son arrivée.

Cinq questions pour vérifier sa lecture

Chaque réponse tient en un mot, et ce mot est dans le texte. C’est le format des points de contrôle de l’application Vread : une question précise sur un passage, que l’on réussit en ayant lu ce passage.

  1. Chapitre I

    Chez quel marchand de nouveautés de Valognes Denise a-t-elle travaillé pendant deux ans avant de venir à Paris ?

    La réponse et son passage

    Cornaille

    « Elle avait passé deux ans là-bas, chez Cornaille, le premier marchand de nouveautés de la ville ; »

  2. Chapitre IV

    De quelle ville vient Pauline Cugnot, la vendeuse de la lingerie qui prend le parti de Denise ?

    La réponse et son passage

    Chartres

    « Moi qui vous parle, je suis de Chartres. »

  3. Chapitre VII

    Quel prénom une ancienne locataire a-t-elle écrit au plafond de la chambre que Denise loue chez Bourras ?

    La réponse et son passage

    Ernestine

    « Et, comme Denise regardait avec surprise l’angle du plafond, au-dessus du lit, où une dame de passage avait écrit son nom : Ernestine, en promenant la flamme d’une chandelle, il ajouta d’un air bonhomme : »

  4. Chapitre X

    Quel est le nom de la surveillante qui apporte à Denise la lettre où Mouret l’invite à dîner ?

    La réponse et son passage

    Cabin

    « Doucement, elle continuait de s’essayer à marcher, en se promettant de se coucher de bonne heure, afin de reposer sa jambe, lorsque la surveillante, madame Cabin, frappa et lui donna une lettre, d’un air de mystère. »

  5. Chapitre XIV

    Quel est le prénom de la jeune femme que Jean a épousée huit jours avant la grande exposition de blanc ?

    La réponse et son passage

    Thérèse

    « C’était d’abord le paletot havane, que Thérèse, après réflexion, voulait changer contre un paletot de drap blanc, même taille, même coupe. »

Questions vérifiées le 17/10/2026 avec le moteur de lecture de READ FRANCE : forme de la question, réponse présente dans la partie citée, aucun doublon, et un lecteur qui n’avait que les résumés de cette page n’a trouvé aucune des cinq réponses.

Le texte et ses droits

Émile Zola est mort en 1902 : le texte est dans le domaine public. Édition suivie : Wikisource, d’après l’édition G. Charpentier et E. Fasquelle, Paris (Transcription Wikisource, CC BY-SA 4.0). Les citations reprennent cette édition ; les références (chapitres, dates, paragraphes) suivent son découpage.

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