Candide, ou l’Optimisme, de Voltaire
Guide de lecture : le texte chapitre par chapitre, les passages à connaître et cinq questions pour vérifier qu’on a lu.
- Auteur
- Voltaire (1694-1778)
- Publication
- 1759
- Genre
- conte philosophique
- Longueur
- 33 346 mots, environ 2,5 h de lecture
- Niveau
- Seconde ; aussi au collège, en 3e
Fiche écrite par Octave, l’assistant IA de READ FRANCE, à partir du texte de l’édition suivie, publiée le 17/10/2026. Aucun professeur ne l’a encore relue : signalez une erreur à octave@vread.fr.
Lycée. Au lycée, le programme de seconde (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019, modifié en 2020) demande, pour l’objet d’étude « Le roman et le récit du XVIIIe siècle au XXIe siècle », deux œuvres intégrales de forme et de siècle différents. Au collège, l’entrée de 3e « Dénoncer les travers de la société » (programme de cycle 4, BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, applicable en 3e jusqu’en 2027-2028) cite le conte philosophique parmi les formes à étudier ; le nouveau programme de cycle 4 (BO n° 10 du 5 mars 2026) crée en 4e, à la rentrée 2027, l’entrée « Critiquer, dénoncer, penser : les Lumières en héritage ». Aucun de ces textes n’impose une œuvre précise.
Textes officiels consultés le 17/10/2026 : Programme de français de seconde (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019, version modifiée en 2020, sur éduscol) ; Programmes des cycles 2, 3 et 4, version du BOEN n° 31 du 30 juillet 2020 ; Programme de français du cycle 4, arrêté du 18 février 2026 (BO n° 10 du 5 mars 2026).
Candide, ou l’Optimisme est un conte philosophique de Voltaire, publié sans nom d’auteur en janvier 1759 à Genève ; la page de titre le présente comme traduit de l’allemand d’un certain docteur Ralph. Voltaire l’écrit pendant la guerre de Sept ans, quelques années après le tremblement de terre qui a détruit Lisbonne en 1755. En trente chapitres brefs, le conte suit un jeune homme naïf, chassé d’un château de Vestphalie, qui traverse l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Empire ottoman à la recherche de Cunégonde. Son précepteur Pangloss répète à chaque catastrophe que tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles, une caricature de la philosophie de Leibniz. Le texte reproduit ici est celui de l’édition Moland (1877), qui suit la version revue en 1761 : Voltaire y a beaucoup augmenté le chapitre XXII, le séjour à Paris.
En seconde, Candide se lit comme un récit du XVIIIe siècle ; au collège, comme un conte philosophique qui dénonce les travers de la société. Pendant la lecture, observez comment fonctionne l’ironie : le narrateur décrit la guerre, l’Inquisition ou l’esclavage avec les mots de l’éloge, et laisse au lecteur le soin de mesurer l’écart. Suivez aussi les formules de Pangloss que Candide répète, et la manière dont il s’en détache, de Lisbonne à Surinam, au contact des faits. Les personnages sont peu creusés : chacun porte une position, l’optimisme de Pangloss ou le pessimisme de Martin, que le récit met à l’épreuve. La dernière réplique ne tranche pas entre eux : elle remplace le débat par une tâche.
Avant de lire
- Comptez trois à quatre heures pour l’ensemble (environ 33 000 mots). Les chapitres sont courts, sauf le XXII, le séjour à Paris, nettement plus long que les autres.
- Plusieurs personnages racontent leur propre histoire : Cunégonde (VIII), la vieille (XI et XII), le jeune baron (XV), puis le baron et Pangloss (XXVIII). Notez à chaque fois qui parle, et dressez la liste des personnages qu’on croit morts et qui reviennent.
- L’orthographe est celle d’une édition du XIXe siècle : Vestphalie, Paraguai, Buénos-Ayres, très-beau. Quelques mots à connaître : un cordelier est un moine franciscain, un théatin un religieux d’un ordre italien, un familier de l’Inquisition un de ses agents ; écus, piastres, pistoles et sequins sont des monnaies.
- Le conte raconte des viols, des massacres et des mutilations sur un ton léger et rapide. Ce décalage est voulu : relevez-le, c’est lui qui porte la satire.
Les personnages
- Candide
- jeune homme doux et naïf, élevé au château de Thunder-ten-tronckh, disciple de Pangloss et amoureux de Cunégonde.
- Cunégonde
- fille du baron, que Candide perd et retrouve plusieurs fois, et qu’il cherche à travers le monde.
- Pangloss
- précepteur du château, professeur d’optimisme, qui ne renonce jamais à sa doctrine.
- Le baron et la baronne de Thunder-ten-tronckh
- parents de Cunégonde, seigneurs de Vestphalie fiers de leur noblesse.
- Le jeune baron
- frère de Cunégonde, devenu jésuite et colonel au Paraguai, qui refuse que sa sœur épouse Candide.
- Paquette
- suivante de la baronne, que Candide retrouve à Venise.
- Jacques
- anabaptiste hollandais, qui recueille Candide et Pangloss.
- La vieille
- servante de Cunégonde, qui se dit fille d’un pape et donne des conseils de prudence.
- Don Issachar et le grand inquisiteur
- les deux hommes qui se partagent Cunégonde à Lisbonne.
- Cacambo
- valet de Candide, débrouillard et fidèle, qui le suit en Amérique du Sud et jusqu’en Eldorado.
- Don Fernando d’Ibaraa
- gouverneur de Buénos-Ayres, qui garde Cunégonde auprès de lui.
- Vanderdendur
- négociant hollandais de Surinam, maître d’un esclave mutilé, qui vole Candide.
- Martin
- vieux savant pauvre et pessimiste, compagnon de Candide après Surinam.
- L’abbé périgourdin et la marquise de Parolignac
- Parisiens qui profitent de la fortune et de la naïveté de Candide.
- Frère Giroflée
- jeune moine théatin, malheureux dans son couvent, que Candide rencontre avec Paquette.
- Pococurante
- sénateur vénitien très riche que plus rien ne contente.
- Le vieux Turc
- homme qui vit du jardin qu’il cultive avec ses enfants, loin des affaires de Constantinople.
Le texte chapitre par chapitre
Ces résumés servent à se repérer pendant la lecture ou à retrouver un passage. Ils ne remplacent pas le texte : les questions plus bas portent sur des détails qu’ils ne donnent pas.
Chapitre I 791 mots
Candide, jeune homme au caractère doux et à l’esprit simple, est élevé au château du baron de Thunder-ten-tronckh, en Vestphalie ; les vieux domestiques le croient fils de la sœur du baron. Le précepteur Pangloss y enseigne que tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles, et Candide l’écoute avec confiance, tout en admirant en secret Cunégonde, la fille du baron, âgée de dix-sept ans. Un jour, Cunégonde surprend Pangloss avec la femme de chambre de sa mère ; le lendemain, elle et Candide s’embrassent derrière un paravent. Le baron les surprend et chasse Candide du château à coups de pied.
Chapitre II 783 mots
Sans argent, Candide arrive dans une ville voisine, où deux hommes habillés de bleu l’invitent à dîner, lui font boire à la santé du roi des Bulgares et l’enrôlent de force dans son armée. Parti un jour se promener droit devant lui, il est arrêté et choisit de passer trente-six fois par les baguettes plutôt que d’être fusillé ; au bout de deux passages, il demande qu’on le tue. Le roi des Bulgares lui fait grâce, un chirurgien le soigne en trois semaines, puis la guerre éclate contre les Abares.
Chapitre III 778 mots
Candide se cache pendant une bataille qui fait environ trente mille morts, puis traverse deux villages en cendres, l’un abare, l’autre bulgare, ravagés chacun par l’armée ennemie. En Hollande, il mendie en vain ; un orateur qui vient de parler de la charité le chasse parce qu’il ne sait pas si le pape est l’Antéchrist. Un anabaptiste nommé Jacques le recueille, le nourrit et veut lui apprendre son métier. Le lendemain, Candide croise un mendiant couvert de pustules.
Chapitre IV 1 086 mots
Le mendiant est Pangloss. Il apprend à Candide que les Bulgares ont détruit le château, tué le baron, la baronne et leur fils, et éventré Cunégonde. Il explique que sa maladie lui vient de Paquette, la suivante de la baronne, et en fait remonter l’origine jusqu’aux compagnons de Christophe Colomb, ce qui reste pour lui un mal nécessaire dans le meilleur des mondes. Jacques le fait soigner, ce qui coûte à Pangloss un œil et une oreille, le prend comme teneur de livres et emmène les deux philosophes à Lisbonne ; une tempête éclate en vue du port.
Chapitre V 964 mots
Pendant la tempête, Jacques se noie en portant secours à un matelot brutal, et Pangloss empêche Candide de se jeter à l’eau ; seuls Pangloss, Candide et ce matelot atteignent le rivage. À peine entrés dans Lisbonne, ils subissent un tremblement de terre qui écrase trente mille habitants : le matelot pille et s’enivre, Pangloss cherche la raison suffisante du phénomène. Le lendemain, pendant un repas, un familier de l’Inquisition l’interroge sur le péché originel et sur la liberté.
Chapitre VI 406 mots
Pour éviter une nouvelle secousse, les sages de Lisbonne organisent un auto-da-fé. Pangloss, arrêté pour avoir parlé, et Candide, pour l’avoir écouté, sont enfermés huit jours, puis promenés en procession, vêtus d’un san-benito et coiffés d’une mitre de papier. Candide est fessé, Pangloss est pendu, et la terre tremble de nouveau le jour même. Une vieille femme aborde Candide et lui dit de la suivre.
Chapitre VII 714 mots
La vieille soigne Candide quelques jours dans une masure, puis le conduit un soir à une maison isolée dans la campagne. Elle y amène une femme voilée : c’est Cunégonde, vivante. Elle confirme qu’elle a été violée et blessée, et que ses parents et son frère ont été tués, puis demande à Candide de lui raconter ce qui lui est arrivé depuis leur séparation.
Chapitre VIII 1 067 mots
Cunégonde raconte son histoire. Blessée par un soldat bulgare, elle a été emmenée par un capitaine qui l’a vendue au bout de trois mois à don Issachar, un juif de Lisbonne, banquier de la cour. Le grand inquisiteur l’a remarquée et a obtenu, par la menace, de la partager avec don Issachar selon les jours de la semaine. Invitée à l’auto-da-fé, elle a reconnu Pangloss pendu et Candide fessé, et a chargé la vieille de soigner Candide puis de le lui amener. Après le souper, don Issachar arrive : c’est le jour du sabbat.
Chapitre IX 544 mots
Don Issachar se jette sur Candide avec un poignard, et Candide le tue avec l’épée que la vieille lui a donnée. Peu après minuit, le grand inquisiteur, à qui revient le dimanche, entre à son tour, et Candide le tue aussi pour ne pas être livré au bûcher. Sur le conseil de la vieille, tous trois s’enfuient à cheval vers Cadix et s’arrêtent dans une petite ville de la Sierra-Morena.
Chapitre X 673 mots
Cunégonde s’aperçoit qu’on lui a volé son argent et ses diamants, et la vieille soupçonne un cordelier qui a dormi dans la même auberge. Ils vendent un cheval et gagnent Cadix, où l’on prépare une expédition contre les jésuites du Paraguai ; Candide, qui sait l’exercice bulgare, y reçoit le commandement d’une compagnie. Pendant la traversée vers l’Amérique, la vieille affirme avoir été plus malheureuse que Cunégonde et commence son récit.
Chapitre XI 1 156 mots
La vieille se dit fille du pape Urbain X et de la princesse de Palestrine. Peu avant ses noces, son fiancé, un prince italien, meurt brutalement chez une ancienne maîtresse ; en voyage avec sa mère, elle est capturée par un corsaire de Salé et emmenée à Maroc, déchiré par la guerre civile. Sa mère et ses compagnes sont mises en pièces par des factions rivales ; laissée pour morte au bord d’un ruisseau, elle reprend connaissance auprès d’un homme qui se lamente en italien.
Chapitre XII 1 291 mots
L’homme est un eunuque napolitain, ancien musicien de la chapelle de sa mère ; il promet de la ramener en Italie, mais la vend au dey d’Alger. Elle survit à la peste, passe de marchand en marchand jusqu’à Constantinople, puis suit un aga des janissaires au siège d’Azof, où les soldats affamés coupent une fesse à chacune des femmes. Esclave en Russie, puis servante de cabaret dans plusieurs villes d’Europe, elle a fini au service de don Issachar. Elle défie Cunégonde de trouver, parmi les passagers, quelqu’un qui n’ait jamais maudit sa vie.
Chapitre XIII 779 mots
Les passagers racontent tour à tour leurs malheurs. À Buénos-Ayres, le gouverneur don Fernando d’Ibaraa s’éprend de Cunégonde et lui propose de l’épouser, et la vieille lui conseille d’accepter. Le cordelier voleur a été arrêté en vendant les bijoux, et un vaisseau venu de Cadix amène un alcade chargé de poursuivre les meurtriers du grand inquisiteur. La vieille dit à Candide de fuir sur-le-champ.
Chapitre XIV 1 170 mots
Cacambo, le valet que Candide a pris à Cadix, né au Tucuman et passé par bien des métiers, propose d’aller servir les jésuites du Paraguai au lieu de les combattre. Au camp, le commandant n’a pas le droit de parler à un Espagnol hors de la présence du père provincial, mais il accepte de recevoir Candide parce qu’il est allemand. Au cours du déjeuner, les deux hommes se reconnaissent : le père commandant est le frère de Cunégonde, que l’on croyait tué par les Bulgares.
Chapitre XV 726 mots
Le jeune baron raconte qu’au moment de l’enterrer, un jésuite s’est aperçu qu’il vivait encore ; devenu novice, il a été envoyé à Rome, puis au Paraguai, où il est aujourd’hui colonel et prêtre. Quand Candide lui annonce qu’il veut épouser Cunégonde, le baron, indigné par cette mésalliance, le frappe du plat de son épée ; Candide lui plonge la sienne dans le ventre. Cacambo revêt son maître de la robe du jésuite et l’entraîne au galop hors du camp.
Chapitre XVI 1 272 mots
Dans une prairie, Candide tue deux singes qui poursuivent deux jeunes filles nues, puis découvre que ces singes étaient leurs amants. Pendant la nuit, les Oreillons, avertis par les deux filles, ligotent les voyageurs et préparent la broche pour manger celui qu’ils prennent pour un jésuite. Cacambo leur explique que son maître vient au contraire de tuer un jésuite ; après vérification, les Oreillons les relâchent avec toutes sortes de politesses.
Chapitre XVII 1 213 mots
Après un mois de marche, leurs chevaux morts, Candide et Cacambo se laissent porter en canot par une rivière qui s’enfonce sous une voûte de rochers, et débouchent dans un pays fermé par des montagnes. Des enfants y jouent au palet avec de l’or et des pierres précieuses, qu’ils abandonnent sur le sol. Dans une auberge, on leur sert un repas somptueux, et l’hôte éclate de rire quand ils veulent payer avec cet or ramassé sur le chemin, car les auberges sont payées par le gouvernement.
Chapitre XVIII 1 905 mots
Un vieillard de cent soixante-douze ans leur apprend qu’ils sont en Eldorado, ancienne patrie des Incas, que ses habitants ont fait vœu de ne jamais quitter. On y remercie un Dieu unique sans le prier, il n’y a ni moines, ni tribunaux, ni prisons, et le roi reçoit les deux étrangers en les embrassant. Au bout d’un mois, Candide veut repartir pour racheter Cunégonde ; le roi fait construire une machine qui les hisse hors des montagnes avec une centaine de moutons rouges chargés de vivres, d’or et de pierreries.
Chapitre XIX 1 761 mots
En cent jours de marche, ils perdent presque tous leurs moutons. Près de Surinam, ils rencontrent un esclave noir à qui son maître, le négociant Vanderdendur, a fait couper une main et une jambe, et Candide déclare qu’il lui faudra renoncer à l’optimisme de Pangloss. Cacambo part pour Buénos-Ayres racheter Cunégonde ; Candide, lui, se fait voler ses deux derniers moutons par Vanderdendur, qui part sans lui, puis rançonner par un juge. Il décide de rentrer en Europe avec un compagnon et choisit, parmi une vingtaine de candidats, un vieux savant pauvre et persécuté.
Chapitre XX 854 mots
En mer, le savant, qui s’appelle Martin, se déclare manichéen : il pense que Dieu a abandonné le monde à un être malfaisant. Les voyageurs assistent à un combat naval où un vaisseau espagnol coule celui du marchand hollandais qui a volé Candide ; Candide repêche l’un de ses moutons rouges. Les deux hommes discutent quinze jours sans changer d’avis.
Chapitre XXI 577 mots
En approchant des côtes de France, Martin décrit les provinces françaises et Paris, où il a été volé, emprisonné, puis correcteur d’imprimerie. Candide l’interroge sur la formation de la Terre et sur la méchanceté des hommes ; Martin répond par l’exemple des éperviers, qui ont toujours mangé des pigeons. Ils arrivent à Bordeaux.
Chapitre XXII 3 497 mots
Candide laisse son mouton à l’Académie des sciences de Bordeaux et se rend à Paris avec Martin. Malade, il est entouré de médecins et de dévotes intéressés par sa fortune ; guéri, il perd beaucoup au jeu. Un abbé périgourdin le mène à la comédie, puis chez la marquise de Parolignac, qui obtient de lui deux gros diamants. Le lendemain, une fausse lettre de Cunégonde l’attire au chevet d’une inconnue ; arrêté avec Martin, il achète l’exempt, qui les conduit à Dieppe, d’où ils s’embarquent pour l’Angleterre.
Chapitre XXIII 473 mots
À Portsmouth, Candide voit fusiller un amiral anglais, condamné pour ne pas s’être assez approché de l’ennemi pendant un combat. Choqué, il refuse de débarquer et obtient du patron hollandais qu’il le conduise directement à Venise, où il compte retrouver Cacambo et Cunégonde.
Chapitre XXIV 1 631 mots
À Venise, Candide ne trouve aucune trace de Cacambo et tombe dans la mélancolie. Persuadé qu’un jeune théatin et la fille qu’il tient sous le bras sont heureux, il les invite à dîner pour le prouver à Martin : la fille est Paquette, réduite à la prostitution, et le moine, frère Giroflée, maudit le couvent où ses parents l’ont forcé d’entrer. Candide leur donne de l’argent, puis demande à rendre visite au sénateur Pococurante, qui passe pour n’avoir jamais eu de chagrin.
Chapitre XXV 1 870 mots
Dans son palais sur la Brenta, le noble vénitien Pococurante, âgé de soixante ans, montre à Candide et à Martin ses tableaux, sa musique, sa bibliothèque et ses jardins, et dit son dégoût pour presque tout ce qu’il possède : Homère l’ennuie, Milton le révolte. Candide admire un homme que rien ne peut satisfaire ; Martin lui fait remarquer que Pococurante est dégoûté de tout. Les semaines passent sans nouvelles de Cacambo.
Chapitre XXVI 1 166 mots
Un soir de carnaval, Cacambo, devenu esclave, aborde Candide : Cunégonde est à Constantinople, et ils partiront après le souper. À table, Candide et Martin découvrent que leurs six compagnons sont des rois détrônés, parmi lesquels un ancien sultan, le maître de Cacambo. Candide fait un riche présent au plus pauvre d’entre eux.
Chapitre XXVII 1 283 mots
Sur le vaisseau qui ramène le sultan détrôné, Cacambo raconte que Cunégonde, après avoir été rachetée au gouverneur puis dépouillée par un pirate, est esclave avec la vieille sur les bords de la Propontide, et qu’elle est devenue laide. Candide rachète Cacambo ; sur une galère, il reconnaît parmi les forçats Pangloss et le jeune baron, qu’il croyait morts, et paie leur rançon.
Chapitre XXVIII 943 mots
Le baron raconte qu’après sa guérison il a été envoyé comme aumônier à Constantinople, puis condamné aux galères pour s’être baigné avec un jeune musulman. Pangloss explique qu’il a survécu à une pendaison mal faite, qu’il s’est réveillé sous le scalpel du chirurgien qui voulait le disséquer, puis qu’il a été envoyé aux galères pour avoir rendu son bouquet à une jeune femme dans une mosquée. Il soutient toujours que tout est au mieux.
Chapitre XXIX 376 mots
Sur les bords de la Propontide, chez le prince de Transylvanie, ils trouvent Cunégonde et la vieille en train de faire sécher du linge. Candide recule devant la laideur de Cunégonde, mais les rachète toutes deux et, pressé par elle, annonce au baron qu’il va l’épouser. Le baron s’y oppose encore au nom de sa noblesse.
Chapitre XXX 1 597 mots
Le baron est renvoyé aux galères et Candide épouse Cunégonde ; la petite troupe vit dans une métairie, mais Candide est ruiné, et chacun s’ennuie ou maudit son sort. Paquette et frère Giroflée arrivent dans la misère, et un derviche refuse de répondre aux questions de Pangloss. Un vieux Turc qui cultive sa terre avec ses enfants leur montre une autre façon de vivre ; chacun se met au travail, et Candide répond aux raisonnements de Pangloss par le travail du jardin.
Les passages clés
Le meilleur des mondes Chapitre I
« Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes ; aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. »
Pangloss démontre que toute chose a une fin, mais il renverse le rapport : ce sont les lunettes qui ont été faites pour les nez. Voltaire pousse le principe de raison suffisante jusqu’à l’absurde, dans un discours qui imite la forme d’une démonstration (« Il est démontré », « Par conséquent »). Le passage pose la thèse que le conte va mettre à l’épreuve, chapitre après chapitre.
La boucherie héroïque Chapitre III
« Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. »
Le chapitre s’ouvre sur l’éloge d’une parade militaire, et la deuxième phrase bascule sur son dernier mot : cette harmonie est infernale. La même ironie produit plus loin l’oxymore « boucherie héroïque », et les Te Deum que les deux rois font chanter, chacun dans son camp. Un passage classique pour étudier l’antiphrase et la dénonciation de la guerre.
La religion d’Eldorado Chapitre XVIII
« Nous ne le prions point, dit le bon et respectable sage ; nous n’avons rien à lui demander, il nous a donné tout ce qu’il nous faut ; nous le remercions sans cesse. »
En Eldorado, la religion se réduit à la reconnaissance envers un Dieu unique : pas de prière de demande, pas de prêtres, pas de moines qui font brûler ceux qui pensent autrement. Le pays sert de contre-modèle à l’Europe de l’Inquisition et à l’Amérique des jésuites. Candide le quitte pourtant au bout d’un mois : l’utopie existe, mais le héros n’y reste pas.
Définition de l’optimisme Chapitre XIX
« Qu’est-ce qu’optimisme ? disait Cacambo. — Hélas ! dit Candide, c’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal »
La définition suit la rencontre de l’esclave de Surinam, mutilé sur ordre de son maître, qui conclut : « C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. » Pour la première fois, Candide nomme la doctrine de Pangloss pour la condamner. Le mot « rage » fait de l’optimisme un aveuglement, et le sous-titre du conte prend ici tout son sens.
Pour encourager les autres Chapitre XXIII
« mais dans ce pays-ci il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres. »
À Portsmouth, Candide assiste à l’exécution d’un amiral. Voltaire fait allusion à l’amiral anglais Byng, fusillé en 1757 après un combat contre la flotte française au large de Minorque. La réponse, donnée sur le ton de l’évidence, détourne le verbe « encourager » : la formule résume l’absurdité d’une justice qui punit pour l’exemple.
Cultiver notre jardin Chapitre XXX
« Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
Dernière réplique du conte. Pangloss vient d’enchaîner une dernière fois tous les malheurs du récit pour prouver qu’ils menaient au bonheur présent ; Candide ne le contredit pas, il coupe court. Le « mais » oppose le travail concret au système, dans la ligne du vieux Turc, pour qui le travail éloigne l’ennui, le vice et le besoin. Le « nous » et le sens du mot « jardin » restent ouverts à l’interprétation.
Cinq questions pour vérifier sa lecture
Chaque réponse tient en un mot, et ce mot est dans le texte. C’est le format des points de contrôle de l’application Vread : une question précise sur un passage, que l’on réussit en ayant lu ce passage.
Chapitre VI
Quelle université a décidé que le spectacle de personnes brûlées en cérémonie empêche la terre de trembler ?
La réponse et son passage
Coïmbre
« il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler. »
Chapitre XII
Quel est le nom du professeur allemand que la vieille cite parmi ceux qui ont mis fin à leurs jours ?
La réponse et son passage
Robeck
« mais je n’en ai vu que douze qui aient mis volontairement fin à leur misère : trois nègres, quatre Anglais, quatre Genevois, et un professeur allemand nommé Robeck. »
Chapitre XIX
Dans quelle ville le vieux savant choisi par Candide a-t-il travaillé dix ans pour les libraires ?
La réponse et son passage
Amsterdam
« Enfin il se détermina en faveur d’un pauvre savant qui avait travaillé dix ans pour les libraires à Amsterdam. »
Chapitre XXV
De quel peintre sont les deux premiers tableaux de la galerie de Pococurante, qui ne lui plaisent point ?
La réponse et son passage
Raphaël
« Ils sont de Raphaël, dit le sénateur »
Chapitre XXX
Quel métier frère Giroflée exerce-t-il avec talent quand chacun se met au travail à la métairie ?
La réponse et son passage
menuisier
« il fut un très-bon menuisier, et même devint honnête homme »
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Le texte et ses droits
Voltaire est mort en 1778 : le texte est dans le domaine public. Édition suivie : Wikisource, d’après Œuvres complètes de Voltaire, édition Louis Moland, Garnier, 1877, tome 21 (texte revu en 1761) (Transcription Wikisource, CC BY-SA 4.0). Les citations reprennent cette édition ; les références (chapitres, dates, paragraphes) suivent son découpage.
D’autres classiques du lycée
- Le Dernier Jour d’un condamné, Victor Hugo
- Le Malade imaginaire, Molière
- Phèdre, Jean Racine